dimanche 17 décembre 2006

Dans le murmure de la ville et l'absence de blanc j'écoute ma fin du monde.
Entre les ronrons du frigo et les cris de la ruelle je pleure mon blanc disparu.

Ces grands froids mordants me manquent.
J'ai craint leur venue, j'angoisse leur manque.
Des glaçons de lumière.
Des congères blanches.
Puis grises, puis brunes.
De la poudre et des blocs.
Du lourd qui fait ployer les pelles.
Du nuage jeté en pleine figure.
Des balles lancées espièglement.
Qui rebondissent sur les jaune des autobus scolaires.
Les yeux rageurs des conducteurs d'autobus scolaire.
Des glaçons dans le foulard, du frimas dans les cils.
La morsure cinglante sur les joues qui fait mal.
Qui fait sentir la vie et apprécier le feu.

mercredi 13 décembre 2006

Longtemps, j'ai voulu être mince, fine, longiligne. Pouvoir porter ces chiffons chics et chers des revues de mode. J'ai voulu peser 50 kilos et mesurer un mètre quatre-vingt. Être blonde, avoir des taches de rousseur, avoir les yeux verts, ne pas avoir de grains de beauté. Surtout, ne plus avoir de grains de beauté. Ces taches brunes sur ma peau qui grossissent et apparaissent à leur gré depuis mon enfance, je les hais profondément. Plus que mon poids, plus que ma taille, plus que le noir de mes cheveux.

lundi 11 décembre 2006

Ce que j'écris quand je suis vraiment ivre

J'ai laissé ce message chez PP, vendredi soir...

«L’heure se fait tardive par un désir d’envie. C’est ainsi que se font une salutation et un détour, au hasard d’un voisinage opportun et de clefs retrouvées. L’alcool me prend dans son délire d’absence. C’est pourquoi je te salue, Catherine.

Mariedjo!

J’irai attendre dans le froid nocturne. Les odeurs sont frappantes et la couture se partage…

Il y a énigme à résoudre : tu dois trouver ce qui manque…»

TRADUCTION: il est tard, j'ai les clefs de chez PP, c'est là que je vais aller pour me soulager. Je lui laisse un petit mot au passage (ci-haut). On a le même kit de couture, je le relève mais ça n'a aucun sens, je suis saoûle...J'en ai profité pour lui voler une revue à potins...

samedi 9 décembre 2006

J'ai pratiqué mon anglais et je ne sais pas du tout ce que j'ai pu dire. J'ai appris à dire Goethe correctement, avec l'accent allemand mais je ne sais plus du tout. J'ai pratiqué mon portugais avec un ébahi abasourdi. Ça, je m'en rappelle. J'ai appris que l'amie de l'ami d'une amie (Momo, qui organisait la fête avec AMA) participerait au Fringe Festival l'été prochain et que ça porterait sur le sexe et la mort. Candidement j'ai crié (musique oblige): «Ooooooh, I know, I know! It's about HIV!!!!!» fiiiiiasco. C'était pas ça...froid...je suis allée voir ailleurs. J'ai parlé bouffe indienne. J'ai rencontré deux homonymes. Avec MJ 2, j'ai parlé de cul, avec A (je ne donnerai pas mon nom de famille), je me suis demandée si j'avais de la famille à Joliette. D'ailleurs, je suis en train d'appeler mon père pour lui tirer les vers du nez. Ça ne répond pas, je resterai dans l'ignorance. Je suis allé faire pipi chez Pépé, parce que c'était très facile (j'ai une clef) et parce que faire la queue, alcoolisée, à trois heures du matin ne me disait pas beaucoup.

vendredi 8 décembre 2006

NOOOOOOOOOOOOOOOOON

Je suis maintenant de celles qui ramènent du boulot à la maison, le soir.

PANIQUE

mercredi 6 décembre 2006

Ma salle de bain est une coquille de noix. Le plancher est croche et le lavabo? Tout simplement inexistant. Mes dents iront se brosser dans la cuisine. Mais une baignoire siège et bouffe l'espace. UNE BAIGNOIRE! Dans laquelle je ne mettrai pas mes fesses avant de lavoir l'avée (huhu) maintes et maintes fois...Il y a espoir d'en faire un coquet refuge, à condition de ne pas trop élargir...

Bientôt, je pendrai ma crémaillère. Un de ces jour, je pendrai ma crémaillère. J'ai dix jours de vacances à Noël, je vais pendre la crémaillère. Une chance qu'une crémaillère ne se pend pas dans les salles de bain. J'ai un vague souvenir de trente personnes dans une petite salle de bain. Je lance le défi...À quand trente personnes dans MA coquille de noix?

Minuscule. Microscopique. Petite. Exigue. Étroite. Nanométrique. Promiscuiteuse (!!?). Héhé, ce dernier mot, sorti de nulle part, me fait penser à libidineuse...Bah, la promicuité dans une salle de bain entraîne nécéssairement l'éveil de la libido, non?

Bon, je vais vous pondre une petite nouvelle érotique un de ces quatre...

mardi 5 décembre 2006

De retour. Je n'étais pas partie en vacances, je n'étais pas ni prison ni en punition. Je déménageais, je peinturais, je traînais des boîtes, je lavais des murs, des fenêtres, je décrotais une salle de bain. J'ai travaillé comme une folle. J'y vais tranquillement sur le retour...pas de grandes folies ni de délires ce soir. Didi est venue. Didi, c'est ma maman. Le caporal Vadrouille est entré comme une tornade dans mon petit trois et demi: «Où sont tes guenilles? Ton nettoyant? Ton eau de javel? As-tu des gants? Qu'est-ce que tu veux que je fasse?» Ouuuuuf.

La scène: je suis au téléphone (sondage rémunéré sur le tabac...), mon cellulaire sonne, mon Amour prépare le souper et les yeux gris de mon frère farfouillent. Didi s'impatiente. Il faut croire que la rage ménage saute une génération de temps en temps! Maman, à quatre pattes dans la micro salle de bain, la tête derrière la cuvette qui me crie: «Mariiiiiiiiiiiiiiiie, là tu vas prendre de la peinture en spray et tout repeindre derrière! C'est épouvantaaaaable!» Magie, mes trucs ont trouvé leur place dans la micro pharmacie de la mini salle de bain. Ah, l'organisation des mamans, c'est infaillible. Je me donne trois jours pour y foutre le bordel.

Au moins, ça commence à ressembler à un chez soi.

mardi 28 novembre 2006

Il faut que j'aille jouer au bingo. J'ai même les petits éléphants la trompe en l'air pour la chance...

dimanche 26 novembre 2006

Sempiternel

Petit dimanche gris. C'était l'anniversaire de mon père la semaine dernière. Je me lève, à dix minutes d'avis pour rencontrer mon grand frère coin St-Hubert et Beaubien. Mission cadeau. Je passe chercher un petit café au lait au petit café du coin. C'est long, c'est dimanche et le lait ne mousse pas. Tic, tac, tic, tac. Café en main, clope en bouche, écharpe au cou, je pars. J'ai l'air très décontractée mais surtout pas très démaquillée de la veille et du concert raté, cinéma pour remplacer. Bon, ça y est, je suis en retard...Je ne suis jamais en retard! Mais c'est juste dix minutes, mais si Seb est comme moi, il arrive partout 15 minutes à l'avance. «C'est la faute de papa, que je marmonne tout bas, c'est lui qui nous faisait toujours arriver des siècles à l'avance». Il est là, l'intello. Il porte sa casquette de tweed, un veston et sa sempiternelle barbe...

Je vais faire un parenthèse sur le mot «sempiternel» parce que c'est un mot que j'adore mais qui, franchement, ne se glisse pas toujours bien dans une conversation. Sempiternel a comme préfixe «semper» qui signifie «toujours» en latin. Comme dans la formule Semper Fidelis (toujours fidèle)...ça, ça vient d'une prière. Donc, mon frère porte sa sempiternelle barbe. Il a 28 ans et ça doit faire dix ans qu'il la traîne partout où il va. Fin de la parenthèse.

«T'es en retard, Marie.
-mmmh, grubble, schmu foui, je sais...»

Bec sur les joues, smac, smac. Wow, elle est douce sa barbe! Il doit mettre du revitalisant!! Clin d'oeil à Frédérique Dard, auteur de San Antonio. Mais lui, quand il faisait ce commentaire, il ne parlait pas exactement de la barbe du visage...D'ailleurs, si vous aimez la littérature coquine, je vous conseille fortement ses livres, notamment «Dis bonjour à la dame»!!! Bref, petit matin gris, nous partons à la chasse au bouquin pour papa. Direction librairie Raffin. On jase, il a hâte que la session finisse, le cours qu'il donne se passe bien, mon appart est pas loin, nous allons le visiter. Je suis fière de montrer mon nouveau chez moi à mon grand frère. il trouve ça beau, il trouve ça grand. Oh yeah. On dira ce qu'on voudra, l'approbation fraternelle fait toujours chaud au coeur!!

À ce soir, Seb.

vendredi 24 novembre 2006

Telle une espionne internationale...

Au programme ce soir? Squatter chez mes parents. Ils sont partis au chalet mais ma mère m'a dit, ce matin à huit heures, en me réveillant, au téléphone (encore un abus de virgules, c'est plus fort que moi!!!), que ses clefs allaient être cachées dans ses chaussures, sur le palier. Bon, en théorie, je devais juste passer faire un tour, ramasser un truc et repartir. Mais comment rester seulement 15 minutes dans le nid douillet de ses parents? Impossible, à moins: de ne pas les aimer ou ne pas apprécier leur décoration intérieure. Ce n'est pas du tout le cas de l'espionne de renommée internationale que je suis. Vous pouvez m'appeler Inga, c'est mon nom de code.

On ouvre la porte: wah, ça sent comme à la maison! Wah, c'est ben propre! Trop coooooool, ils sont partis pour trois jours mais le FRIGO EST PLEIN À CRAQUER! Faisons un petit inventaire: plus de fruits et de légumes que je sache en nommer, du pain, du jambon, du fromage, du jus, du lait 1% en SAC (j'ai eu l'impression d'avoir 15 ans en buvant à même le truc...huhuhu, si Didi me voyait!)...

Même si c'est un nouvel appartement, pas MA maison, je me sens incroyablement chez moi...reste à voir comment mon ti-frère va réagir en rentrant du travail et en me trouvant évachée sur le divan en cuir vert du salon, en train de manger des biscuits...SES biscuits!!!

Je vais prendre un bain, aussi. Didi me garde toujours un pyjama au cas où...Je ne pousserai quand même pas ma mission secrète jusqu'au dodo mais ce serait bien comique d'inviter mon Amour à dormir sur le divan de mes parents

Je vais retourner écouter la télé, en attendant de me faire pogner et foutre à la porte...